Le 3e pilier est souvent présenté comme une solution efficace pour réduire ses impôts. Dans certains cas, c’est vrai, et dans d’autres, beaucoup moins. Mais évidemment, il ne faut pas faire cela n’importe comment : oui, le 3ème pilier offre un avantage fiscal intéressant, mais pas dans toutes les situations, pas de la même manière et surtout, pas sans comprendre les règles qui s’appliquent.
Dans cet article, nous faisons le tri entre les idées reçues et la réalité. Vous découvrirez ce qui est réellement déductible, dans quel cas, et ce que le 3e pilier permet (ou ne permet pas) d’économiser sur le plan fiscal, exemples concrets à l’appui.
3a vs 3b : ce qui est déductible et pourquoi ce n’est pas la même logique
On entend souvent que le 3e pilier fait faire des économies d’impôt, comme si c’était un seul produit sans nuance. La réalité est différente, puisqu’il existe deux types de 3e pilier dans le milieu des assurances : le 3e pilier A lié et le 3e pilier B libre. Et chacun d’entre eux répondent à des logiques fiscales totalement différentes.
Le pilier 3a : déduction claire et encadrée
Le pilier 3a est une prévoyance liée, c’est à dire qu’elle est prévue pour être utilisée principalement au moment de la retraite, avec des conditions de retrait strictement encadrées par la loi. Les conditions de ces contrats sont donc les mêmes pour tout le monde, quel que soit le canton : les banques et les assurances appliquent donc les règles fixées par la Confédération, dans toute la Suisse.
Avec ce pilier, l’État encourage clairement l’épargne retraite, en proposant des plafonds de déductions importants, que nous allons détailler plus bas.
Le pilier 3b : déduction possible, mais pas automatique
À l’inverse, le pilier 3b est une prévoyance libre : cela sous-entend que vous êtes libre d’en faire ce que vous voulez. Il n’y a pas de plafond de versement, vous retirez les fonds quand vous le souhaitez, c’est le placement rêvé pour des projets à court et moyen terme.
Au niveau de la déduction fiscale, rien n’a été fixé par l’État. Ce sont donc les cantons qui définissent ces plafonds : il y a donc une variabilité importante de la déduction fiscale fonction du lieu de domicile.
Le 3a offre un avantage fiscal structuré. Le 3b peut offrir un avantage fiscal, mais uniquement dans certains cadres cantonaux précis.
Ce que vous pouvez déduire concrètement : plafonds, conditions et limites
Les plafonds du pilier 3a
Le 3ème pilier 3a va prendre en compte votre statut professionnel : si vous êtes salarié, vous pourrez déduire jusqu’à 7’258 CHF par année, tandis qu’un indépendant pourra déduire jusqu’à 36’288 CHF par année (plafonds en vigueur à la date de rédaction de l’article). Cela s’explique notamment par la LPP (2e pilier) qui n’est pas obligatoire pour les travailleurs indépendants : ceux-ci doivent donc se constituer une retraite par leurs propres moyens, d’où des plafonds plus élevés.
Notez bien que nous parlons ici de plafonds annuels : vous pouvez donc verser ce montant en plusieurs fois. Par exemple, vous versez un montant fixe tous les mois. Ou vous attendez le versement de votre 13e mois ou du bonus en fin d’année, tout va dépendre de votre situation. Mais le plus important est que ces montants doivent être versés avant le 31 décembre de l’année, pour être bien pris en compte dans la déduction.
Les déductions possibles pour le pilier 3b
Comme nous le disions plus haut, le 3e pilier libre peut offrir des déductions fiscales, qui sont fixées par les cantons eux-mêmes, et qui dépendent du statut familial.
Par exemple, dans le canton de Genève, les personnes célibataires peuvent déduire jusqu’à 2’196 CHF par année, tandis qu’un couple marié déduira jusqu’à 3’294 CHF tous les ans. Chaque enfant apporte 898 CHF de déductions supplémentaires.
Ces déductions s’ajoutent à celles du 3e pilier lié 3a, mais restent moins importantes.
Si votre objectif est de faire des économies d’impôt, privilégiez le 3e pilier lié 3a, car le 3b ne sera pas l’outil fiscal le plus intéressant. Considérez-le comme un complément patrimonial ou de protection.
Combien le 3e pilier permet vraiment d’économiser en impôts ?
Il est essentiel de comprendre une chose avant d’aller plus loin : une déduction fiscale ne réduit pas votre impôt franc pour franc. Lorsque vous versez de l’argent sur un 3e pilier, vous diminuez votre revenu imposable, pas directement le montant de l’impôt à payer. L’économie réelle dépend donc du taux d’imposition qui s’applique à ce revenu.
Autrement dit, verser 5’000 CHF sur un 3e pilier ne signifie pas que vous économiserez 5’000 CHF d’impôts. Vous économisez uniquement la part d’impôt que vous auriez payée sur ce montant, selon votre situation fiscale.
Cette économie dépend de plusieurs facteurs clés : • votre niveau de revenu, • votre taux marginal d’imposition, • votre canton et votre commune de domicile, • votre situation familiale (célibataire, marié, enfants, etc.).
Deux personnes versant exactement la même somme sur un 3e pilier peuvent donc obtenir des économies fiscales très différentes.
Prenons quelques exemples pour illustrer ces écarts :
Un salarié à revenu moyen bénéficiera d’un gain fiscal réel, mais généralement modéré. Le 3e pilier reste intéressant, mais l’économie d’impôt ne doit pas être surévaluée.
À l’inverse, une personne disposant d’un revenu élevé et d’un taux marginal important pourra constater un gain fiscal nettement plus significatif pour un même versement.
Pour un indépendant sans LPP, le 3e pilier 3a constitue souvent un levier fiscal plus puissant, car les montants déductibles sont plus élevés et permettent une véritable optimisation du revenu imposable.
Enfin, dans le cas du 3e pilier 3b, l’avantage fiscal est généralement plus limité et plafonné, puisqu’il dépend des règles cantonales et se cumule souvent avec d’autres déductions liées aux assurances. Il s’agit rarement d’un outil fiscal principal, mais plutôt d’un complément patrimonial.
Le 3e pilier permet d’optimiser la fiscalité, pas de l’effacer.
Les erreurs fréquentes avec le 3e pilier et la fiscalité
L’erreur “je fais un 3e pilier pour payer moins d’impôts”
Comme vous l’avez vu plus haut, cet objectif ne sera pas réalisable avec un 3ème pilier pour tout le monde. Il faut bien étudier votre situation pour savoir si le 3e pilier est le placement qu’il faut mettre en place pour payer moins d’impôt.
Mais gardez en tête qu’un 3e pilier, en plus d’apporter certains avantages fiscaux, permet aussi de se constituer une retraite complémentaire ou d’accéder au statut de propriétaire grâce à son nantissement. Le choix du 3e pilier dépendra de votre situation.
Mauvais produit, mauvaise durée
Étudiez bien le produit que vous choisissez : si vous partez sur une durée trop longue, vous n’atteindrez peut être pas vos objectifs. Identifiez les frais qui se cachent parfois dans les petites lignes, ou les conditions qui pourraient freiner la flexibilité du 3e pilier que vous pensiez acquise au départ.
Oublier la fiscalité à la sortie
Le 3e pilier lié 3a est imposable à sa sortie : vous paierez donc des impôts quand le moment de la retraite sera venu. Échelonnez donc les retraits pour éviter de payer des sommes trop importantes, ou multipliez les 3e piliers liés (sans dépasser les plafonds) avec des dates d’échéances différentes.
Le cas spécifique du 3e pilier 3b
Ne prenez pas ce 3e pilier 3b comme un outil de déduction fiscal : ce n’est pas lui qui vous fera économiser le plus d’impôts !
Vérifiez bien les règles qui s’applique à votre canton pour ce produit spécifiquement : comme nous l’avons vu, les conditions ne seront pas les mêmes d’un canton à l’autre.
Un choix de 3e pilier se réfléchit toujours dans une stratégie globale de prévoyance et de fiscalité. Un échange permet souvent de vérifier si les solutions en place sont réellement adaptées à votre situation.
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