Quels sont les critères et les avantages du statut de quasi-résident en Suisse ?

Statut de quasi-résident

Les conditions pour en bénéficier en tant que frontalier

Depuis la réforme fiscale du 1er janvier 2021, les travailleurs frontaliers ont perdu l’accès direct aux déductions fiscales suisses. Pour continuer à déduire son 3e pilier, ses primes d’assurance maladie ou ses frais professionnels, il faut désormais ob tenir le statut de quasi-résident.

Ce statut n’est pas accessible à tous les frontaliers. Il est réservé à ceux qui remplissent des conditions précises, et sa décision doit être prise avec la plus grande prudence : elle est irrévocable. Ce guide vous explique tout ce qu’il faut savoir avant de vous lancer.

Qu'est-ce que le statut de quasi-résident ?

Le statut de quasi-résident est un statut fiscal qui permet à un travailleur frontalier de bénéficier des mêmes droits de déduction qu’un résident suisse. Concrètement, au lieu d’être imposé uniquement à la source sur son salaire suisse, le frontalier dépose une déclaration fiscale ordinaire en Suisse (appelée Taxation Ordinaire Ultérieure, ou TOU) et peut y intégrer l’ensemble de ses déductions légales.

Ce statut a été créé pour préserver les droits des frontaliers qui dériv aient l’essentiel de leurs revenus de la Suisse, dans des cantons où l’imposition se fait à la source en Suisse (et non en France). Il ne s’applique donc qu’à une partie des cantons romands.

Conditions d'éligibilité : deux critères cumulatifs

Critère 1 : travailler dans le canton de Genève ou de Fribourg

Le statut de quasi-résident est uniquement accessible aux frontaliers travaillant dans les cantons de Genève ou de Fribourg. Dans ces deux cantons, les frontaliers sont imposés à la source en Suisse, ce qui crée la possibilité d’une TOU.

CantonImposition des frontaliersStatut quasi-résidentDéductions fiscales disponibles
GenèveÀ la source en SuisseOui (via TOU)3a, 3b, primes maladie, frais professionnels
FribourgÀ la source en SuisseOui (via TOU)3a, 3b (limité), primes maladie, frais professionnels
VaudEn France (sous conditions)NonAucune déduction cantonale suisse possible
ValaisEn FranceNonAucune
NeuchâtelEn FranceNonAucune
JuraEn FranceNonAucune

Critère 2 : percevoir au moins 90 % de ses revenus mondiaux en Suisse

Le deuxième critère est celui qui bloque le plus souvent. Il faut que 90 % au minimum des revenus du ménage soient imposables en Suisse. Par revenus, il ne faut pas entendre uniquement le salaire : tout est comptabilisé.

  • Salaires suisses des deux conjoints
  • Revenus locatifs, qu’ils soient perçus en France ou en Suisse
  • Placements financiers et dividendes
  • Pensions et rentes
  • Tout autre revenu du foyer fiscal

Si votre conjoint travaille en France et perçoit un salaire significatif, il est très probable que le seuil de 90 % ne soit pas atteint, et que le statut ne soit pas accessible. Une simulation préalable est indispensable.

Ce que ce statut permet de déduire

Une fois le statut quasi-résident obtenu, le frontalier dépose chaque année une TOU et peut y intégrer les mêmes déductions qu’un résident suisse.

Type de déductionCanton de GenèveCanton de Fribourg
3e pilier 3aOui, jusqu'à 7'258 CHF/an (salarié 2025)Oui, mêmes conditions
3e pilier 3b (assurance-vie)Oui, jusqu'à 2'345 CHF/an (célibataire, ICC 2025)Oui, montants réduits selon situation familiale
Primes d'assurance maladie LAMalOui, déductibles selon plafonds ICC/IFDOui
Frais de transport domicile-travailOui (frais réels ou forfait)Oui
Frais de repasOui (frais réels ou forfait)Oui
Frais de garde d'enfantsOui, selon conditionsOui, selon conditions
Intérêts d'emprunt immobilierOui, selon règles cantonalOui

Source : Administration fiscale cantonale de Genève (AFC-GE) et Administration cantonale des impôts de Fribourg (ACI-FR). Les montants exacts dépendent de la situation personnelle.

 >> Voir les plafonds déductibles du 3e pilier

Deux mises en garde essentielles avant de prendre la décision

1. Le statut peut vous faire payer plus d'impôts

C’est le point que beaucoup de frontaliers ne prennent pas en compte. La TOU prend en considération l’ensemble des revenus du ménage, y compris ceux perçus en France. Selon votre situation (revenus locatifs, conjoint avec des revenus élevés, patrimoine financier important), l’impôt calculé dans le cadre de la TOU peut être supérieur à ce que vous payiez via l’imposition à la source.

Avant toute démarche, une simulation complète est indispensable. L’Agence Mendes réalise cette simulation pour vous, gratuitement.

2. La décision est irrévocable

L’éligibilité, en revanche, doit être réévaluée chaque année. Si vos revenus évoluent et que la proportion de revenus suisses passe sous les 90 %, vous ne remplissez plus les conditions d’éligibilité pour l’année concernée. Cela ne remet pas en cause la décision elle-même, mais affecte ce que vous pouvez déduire cette année-là.

La procédure en 3 étapes

1.Vérifier son éligibilité

Êtes-vous dans le bon canton ? 90 % de vos revenus sont-ils suisses ? Ne passez pas à l’étape suivante sans avoir répondu à ces deux questions avec précision.

2.Réaliser une simulation

Faire calculer précisément votre impôt dans le cadre d’une TOU, en intégrant tous les revenus du ménage et toutes les déductions disponibles. Comparer avec votre imposition actuelle à la source. Ce n’est qu’à cette condition que vous pouvez être certain que le statut est avantageux pour vous.

3.Déposer une demande auprès de l’administration fiscale cantonale

À Genève, auprès de l’AFC-GE. À Fribourg, auprès de l’ACI-FR. Une fois la demande acceptée, vous déposez chaque année une déclaration ordinaire (TOU).

Questions fréquentes sur le statut de quasi-résident (FAQ)

Non. Le statut de quasi-résident n’est pas accessible dans le canton de Vaud. Les frontaliers vaudois sont en général imposés en France et ne bénéficient pas du système de la TOU suisse. Ils ne peuvent donc pas déduire leur 3e pilier ou leurs primes maladie de leur revenu imposable en Suisse.

La décision d’opter pour le statut est irrévocable : vous ne pouvez pas revenir à l’imposition à la source simple. En revanche, votre éligibilité est vérifiée chaque année à travers votre TOU. Si vos revenus évoluent et que vous ne remplissez plus le critère des 90 %, vous ne pouvez pas bénéficier des déductions pour cette année, mais le statut en tant que tel reste acquis.

Cela peut faire passer vos revenus suisses sous la barre des 90 % du foyer. Dans ce cas, vous ne remplissez plus les conditions d’éligibilité pour l’année concernée. Votre conseiller fiscal vérifie cette situation chaque année lors du dépôt de la TOU. C’est une des raisons pour lesquelles le suivi annuel est important.

Non, pas systématiquement. Selon votre situation (patrimoine financier en France, revenus locatifs, situation familiale), l’impôt calculé dans le cadre de la TOU peut être supérieur à l’impôt prélevé à la source. C’est pourquoi une simulation préalable est indispensable avant de prendre cette décision.

Faites évaluer votre situation

Le statut de quasi-résident est l’une des décisions fiscales les plus importantes qu’un frontalier peut prendre. Elle engage l’avenir de façon définitive. Avant de vous lancer, assurez-vous d’avoir une simulation précise, réalisée par un professionnel qui connaît la réalité de la fiscalité franco-suisse.

L’Agence Mendes accompagne les frontaliers de la région genevoise depuis plus de 30 ans. Nous analysons votre situation, calculons l’impact réel du statut et vous guidons dans les démarches.

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Depuis le 1er janvier 2021, de nouvelles règles ont vu le jour concernant les déductions fiscales des travailleurs frontaliers.

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Déclaration fiscale frontalier

Faire sa déclaration d’impôts alors qu’on est travailleur frontalier peut vite se révéler un casse-tête : sous quel statut dois-je déclarer mes revenus ? Comment dois-je m’y prendre ?

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Toute personne exerçant une activité en Suisse et étant domiciliée en Allemagne, en France, en Italie ou en Autriche, bénéficie doit choisir entre l’assurance-maladie suisse et celle de son pays de résidence.

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